Suze était trop choue.
Une période difficile - un état d'esprit qui me rend triste, morne, et qui m'éloigne de tout, petit à petit. Beaucoup trop de pression, pour une personne qui devient de plus en plus posée et indifférente, qui ne rêve que d'épanouissement et de partage d'utopie folle et insensée, mais qui fait vivre et espérer. Je me dirige dans un tourbillon indéterminé, hésitant, mais qui prend conscience jours après jours d'une philosophie de vie - comme si je préparais le terrain théorique pour une future action. Je pensais avoir tout découvert sur les hippies en ayant lu deux livres. Je me trompais complètement - pour connaître un mouvement, comprendre ses idées politiques, sociales, économique, sa philosophie et ses principes, il faut prendre connaissance non seulement de livres les "prônant", mais également de critique. Je commence à percevoir certains défauts des hippies qui ont d'ailleurs engendré en grande partie la fin du mouvement - mais j'ai pourtant cette impression - comme un attachement sentimental - qu'ils seront toujours la vérité pour moi. Que malgré les critiques, les défauts, les failles du mouvement, je ne pourrais m'en détacher car c'est dans celui que je me retrouve pleinement. C'est mon caractère, c'est mes principes, c'est ma personnalité. Après tout, les conséquences du mouvement ont certainement été moins fortes que celle engendrées par des vraies émeutes, de la violence, de la force et des tueries ; mais elles sont pourtant très présentes, implicitement et sur le long terme. Ils ont énormément apporté à la polémique écologique, ils ont réveillé le monde entier en dénonçant le réchauffement climatique. Et, malgré leur comportement pacifiste et indifférent, ils faisaient peur à la société, et à ces straights, ces bourgeois qui les méprisaient, car ils tournaient le dos à la société, ils la fuyaient - ils devenaient marginaux et on s'affolait de la propagande que ces personnes pouvaient propager. On avait peur d'eux. On les a refouler, on les a attaqué, on leur a répondu comme ils n'auraient jamais eu l'idée de répondre. Parce qu'on avaient peur d'eux. Parce qu'ils étaient une menace. D'ailleurs, la plupart des décès des pionniers musicaux des sixties ont dû faire sourire les anti-hippie et les critiques de la contre-culture. Ces morts étant arrivées toutes à des moments cruciaux du mouvement - comme si elles avaient été planifiée, complotée... pour déclarer que le mouvement hippie devait disparaître, qu'il devait s'effacer pour le bien de la société de consommation et de la bureaucratie. Comme si c'était le message implicite à la fin du mouvement - poussé par des interlocuteurs qu'ils avaient pourtant voulu fuir et non affronter...
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