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-Putain. Que dire.
J'crois que j'ai vécu ma plus belle journée depuis des années - du moins, à l'époque, et encore aujourd'hui, quels sont les critères qui nous permettent de dire que nous avons vécu la plus belle journée de notre vie - ne sachant pas ce qui nous arrivera plus tard ni quelle était notre perception de la beauté dans nos phases cruciales de la vie. Reprenons depuis le début, une introduction vulgaire, pourrions-nous qualifier ça comme ça, qui donc vous met en position de me demander ce qu'il m'est arrivé. J'sais pas au fond - et j'ai pas envie de le savoir. J'ai vécu un truc en solitaire, qui m'a paru à la fois dingue et à la fois réellement irréel, quelque chose de spirituel, un exutoir à pensées devenu barges, qui se sont mises à tournoyer et à s'embrouiller, pour finir par donner un éclat d'illumination et d'émerveillement pur sur les choses simples ou complexes de notre monde, de notre vie, de ma vie qui se dégage d'un semblant de nuages dantesques et apocalyptiques - qui pourrissent et pourriront probablement nos rêves primordiaux d'une vie bien ivre. Je regrette comme une vieux cadavre de n'avoir pas profité de mon éveil bouddhiste pour écrire sur ce blog - qui va devenir un vrai recueil à borborygmes - et une fois encore, j'peux m'en prendre à ce foutu temps qui passe, à cette invention cruelle de l'homme qui nous fait prendre conscience que nous sommes des humains fous de vivre : la montre. Durant toute la journée, qui a été la plus magnifique et la plus éclairée de ma période hippiesque burlesque, je n'ai pas arrêté de réflechir encore et encore, à des questions qui paraissent basiques mais qui en fin de compte prennent toute une journée pour en trouver un semblant de réponse. Mais en fait, devons-nous trouver la réponse, devons-nous trouver une solution ? Je ne pense pas que la réponse se trouve dans la solution. C'est réellement une quête réflexive qui va me poursuivre toute ma vie, car la vie au fond n'est qu'une grosse énigme qu'on nous ordonne de résoudre alors qu'au fond elle n'a aucune solution digne de l'homme. M'éloigner solitairement des esprits urbains - tout en étant plongée dedans - m'a fait prendre conscience, au son de Cream dans les oreilles - que réflechir et laisser ses pensées s'envoler sont les plus beaux dons qu'on a donné aux hommes pourvus d'âme encore pure, qui n'ont pas encore été corrompue ou éduqué au rythme de la société aliéniante et de ses mensonges de droites démocratiques qui nous prouvent par des affiches fascistes que toutes personnes différentes - physiquement ou mentalement - doit se faire expulser de la Suisse et aller voir s'il y est derrière les frontières. J'ai été arrêtée par les flics l'autre jour, ils ont fouillé mon sac, ont regardé mes papiers et se sont arrêté une demi seconde sur mon pin's Hendrix. Tout ça pourquoi? Parce qu'il y avait une manifestation en faveur des squats - qui sont désormais complétement détruits par les authorités, laissant des nombres de gens dormir sous les ponts - et que j'avais un pantalon non conforme. J'en reviens à cette magnifique phrase qui a éclairé ma putain de journée hier - cette fameuse phrase, située sur un vieux papier jauni par le temps, au conservatoire de musique, entre le violon triste et la voix criarde d'une chanteuse d'opéra. Une phrase, que j'ai relu de nombreuses fois durant mon enfance, et qui m'a toujours paru dénuée de sens et écrite d'une façon franche et idiote - une phrase que j'ai relu, avec un esprit ouvert et une légère voix qui me disait doucereusement que la voie de la connaissance allait me tomber comme une fleur sur les genoux... Cette phrase m'a paru tellement juste, comme une réponse qui était attendue depuis si longtemps - une phrase extraordinaire. Une magnifique métaphore disant que les hommes marchent sur les longues rues lumineuses du billard électrique - que leurs pensées ne cohabitent pas avec eux, mais volent librement au-dessus de leur tête, pour finir par fusionner et disparaître dans les rigoles, laissant les hommes pressés vivrent sans leur pensées - "Où vont les hommes?". J'ai pensé. J'ai pensé qu'on pouvait être pacifiste dans ses actes - mais en lisant un bouquin sur la psycologie bouddhiste au quotidien, j'ai réalisé qu'on ne peut pas être entièrement pacifiste dans notre tête - on ne peut apprécié les personnes qu'on hait. Car elles sont majoritaires et font parti d'une roue folle qui se dirige à toute allure contre un mur de glace. On fait partie d'un sale cercle vicieux, d'une sorte de réalité iréelle et de mensonges implicites qui ne font que croître - et la violence pourrait être la solution pour acquérir et imposer ce qu'on veut imposer - mais imposer à l'adversaire - qui devriendrait soumis - un système qui ne lui plaît pas engendrerait à nouveau des violences et on transformerait la vie en un combat infini qui nous poussera à terminer nos jours entre huit-clos comme des vieux pourris par le temps et la lutte. Je suis pour la non-violence, pas que je nie que la violence soit la solution à l'épanouissement libertaire personnel - mais parce que j'essayerai plutôt de nager frénétiquement encore et encore pour atteindre le rivage, au lieu de nager à contre-courant.
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