VOILA, COMMENT ELLE EST...

VOILA, COMMENT ELLE EST...
-
-

Voilà comme elle est : rejetant les pères, dominée par les chiens, perdant des pierres, traînant des râteaux.
Non, voilà comme elle est : renversant les temples, cassant les amphores, faisant des bilans, portant des sacs, mare où ont bu des buffles et des bubales.
Non, voilà comme elle est : éparpillant des stocks, élevant des rideaux, traversant l'éléphant, butant sur la puce, triant des fumées.
Non, voilà comme elle est : emplissant de tentures, emplissant de tortures, renarde tenant un oiseau renversé.
Non, voilà comme elle est : matin, Moïse sur l'eau, misaine qui avance, qui toujours recommence.
Non, voilà comme elle est : le haut comme le bas, le Roi comme le rat, le gros comme le plat, le blé comme un chameau, mais plus lent, n'arrivant plus à la bouche de l'homme et la joie comme la croix, la foule comme un groin, le blanc comme le noir, la victoire comme les suites d'un désastre profond.
Non, voilà comme elle est : l'amour comme la tourbe, la fête comme la glèbe, la joie comme une trappe, comme un buffet d'entre les mains des déménageurs, dégringolant l'escalier avec vacarme.
Non, voilà comme elle est : le sien comme le rien, la terre comme l'usine, la mort comme un chiffre, comme comptabilité, comme une erreur d'ascenseur.
Non, voilà comme elle est : une seule clameur, le progrès comme la déchéance, comme un autre moyen âge et la beauté, pneu crevé.
Non, voilà comme elle est : roulant des roues, portant des hauteurs, témoins aux yeux perdus, chevaux aux pattes brisées, chemins décollés du ciel.

Tu la vois et tu ne la connais pas.



Signé, Henri Michaux forcément...

-
-

# Posté le mercredi 23 juillet 2008 13:04

Modifié le mercredi 23 juillet 2008 13:25

Poursuite de l'infini unifié...

Poursuite de l'infini unifié...
-
-

Comme l'aboutissement... L'expérience qui m'a transformée, qui m'a changé pour de bon...

Réflexion, idées floues, mais un point commun : l'unité. Opposés en mariage. Peine / Extase.
Divinité unique & universelle. Infini. Envie d'infini, envie de rupture. Transmission de sensations. Spasmes. Peur du temps. Heure, chiffres en ennemi. Confusion du temps & de l'espace. Cohérent dans l'absurde. Peur du quotidien, fuite, moquerie du banal. Naissance, mort.


Et la montée sublime, érotique, en laissant son corps, son âme multiple s'immiscer dans la musique... Ressentir chaque coup de batterie, entendre la guitare se transformer en cri. J'ai baisé Saucerful of Secrets...

Gros fous-rires. Enormes. Interminables.


Enfermement sur soi-même, près de la musique, près de Jetrho Tull, peur du mouvement et du bruit extérieur, la pièce est une sécurité.


Le voyage, intense, sur Satanic Majesties... Trip autour du monde, être la musique, ne plus s'immiscer, être une partie d'elle. Ressentir, plus que voir. J'aurais du mal à le réécouter, j'ai peur. Je veux pas être déçue. J'ai trop vécu avec cette musique. C'était magnifique...


L'absurdité de l'argent, l'unité, l'ensemble universel. Le sentiment qu'une divinité, une seule, vit quelque part autour de nous. Qu'elle peut être en nous. La lune en ½il entouré d'un prisme. Mystique.

Poursuite de l'infini, recherche de cet infini.

Même réflexes en redescente qu'en montée, comme un renouvellement incessant, on respire un air purifié, nouveau. Les bruits ressentis durant le trip qu'on entend à nouveau nous font peur et du bien en même temps. Peur des voitures. On ne comprend pas la première personne nette qu'on croise. Elle nous parle, mais on ne comprend pas. On a envie d'éclater de rire. Retour au quotidien. N'importe quelle conversation dans le train est complétement débile, absurde et fait rire de ridicule. Dernières hallus...


Je ne peux écrire de phrases. Plus le temps passe, plus ça devient flou... Seuls quelques mots me viennent à l'esprit, et encore, ils ne sont pas réellement ce que je veux exprimer. Ils sont trop précis.

Je me soumet devant l'immensité.
-
-

# Posté le jeudi 26 juin 2008 06:03

Modifié le lundi 30 juin 2008 06:53

Salad Days (are here again)

Salad Days (are here again)
.
Playlist du moment

The Wind cries Mary , Jimi Hendrix
D'
yer Mak'er , Led Zep'
D
on't think twice, it's all right , Bob Dylan
I
n Another Land , Rolling Stones
Plastic Fantastic Lover , Jefferson Airplane
Amp
hetamine Gazelle , Mad River (j'en remercie mes colporteurs)
Pre
lude , Music Emporium
Fa
llen Angel , King Crimson
Wr
apping Paper , Cream
Q
uite Rightly So , Procol Harum
S
ugar Magnolia , Greateful Dead
Vo
calise, Sergeï Rachmaninov

J'en ai marre. Je suis retombée dans une période anti-scolaire. Il manque plus que le joint, & je me revois deux mois en arrière... Je me suis chiée à mon épreuve de maths, j'ai d'ailleurs écris un "j'abandonne" sur la feuille & j'me suis cassée. Je bosse pas. J'ai envie d'herbe. Il pleut, il fait gris, j'ai perdu mon esprit poétique des bonnes soirées colorées de Février, je suis sur crade. A chaque fois que je me sens moins bien, j'ai envie de fumer, de me sentir planer, d'écouter Dylan & le Floyd. Je suis trop sur-stressée à cause de ces cours oppressants et inutiles au possible, je rêve de mes futurs voyages - "On n'est pas sérieux quand on a dix sept ans", Arthur Rimbaud. Il a, suur raison. D'ailleurs, ça me manque aussi de lire du Burroughs. J'ai vraiment trouvé mon plaisir littéraire. William, cher William, le plus frappé de tous, le plus freak, mais putain, ce qu'il gère ce type. Légèrement décalé, obsédé sexuel & vieux cramé à Tanger... Sûr que j'irais à Tanger pendant ma traversée du Maroc, & j'avoue que c'est à cause de ce bon vieux type. Si seulement Junky m'était tombé du ciel un an auparavant, j'aurais lu les lettres à Ginsberg & je me serai rendue compte qu'il était mort ya 10 ans. Il doit être enterré au Kansas. J'irais bien lui rendre visite. Ah, d'ailleurs, j'ai vu la tombe de Jim Morrison, dire qu'il amène autant de fans quarante ans après... J'ai même pas pu m'approcher plus près. J'ai envie de me promener pieds nus à l'école, & en ce moment j'ai l'impression d'écrire de la merde. Ça me passera.


I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin',
Heard the roar of a wave that could drown the whole world,
Heard one hundred drummers whose hands were a-blazin',
Heard ten thousand whisperin' and nobody listenin',
Heard one person starve, I heard many people laughin',
Heard the song of a poet who died in the gutter,
Heard the sound of a clown who cried in the alley,
And it's a hard, and it's a hard, it's a hard, it's a hard,
And it's a hard rain's a-gonna fall.

# Posté le mercredi 09 avril 2008 06:22

Modifié le jeudi 10 avril 2008 03:10

Daniel Darc socks. Et je me suis acheté Sur le chemin de Katmandou dans une brocante.

Daniel Darc socks. Et je me suis acheté Sur le chemin de Katmandou dans une brocante.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-

Lent processus,
manière corrosive,
d'avouer les tords,
et proclamer une

vérité surréaliste
qui ne fait que
s'enfoncer dans
le sable, encore,
et encore
.

# Posté le mardi 25 mars 2008 16:17

It ain't me babe - tududu.

It ain't me babe - tududu.
Suze était trop choue.


Une période difficile - un état d'esprit qui me rend triste, morne, et qui m'éloigne de tout, petit à petit. Beaucoup trop de pression, pour une personne qui devient de plus en plus posée et indifférente, qui ne rêve que d'épanouissement et de partage d'utopie folle et insensée, mais qui fait vivre et espérer. Je me dirige dans un tourbillon indéterminé, hésitant, mais qui prend conscience jours après jours d'une philosophie de vie - comme si je préparais le terrain théorique pour une future action. Je pensais avoir tout découvert sur les hippies en ayant lu deux livres. Je me trompais complètement - pour connaître un mouvement, comprendre ses idées politiques, sociales, économique, sa philosophie et ses principes, il faut prendre connaissance non seulement de livres les "prônant", mais également de critique. Je commence à percevoir certains défauts des hippies qui ont d'ailleurs engendré en grande partie la fin du mouvement - mais j'ai pourtant cette impression - comme un attachement sentimental - qu'ils seront toujours la vérité pour moi. Que malgré les critiques, les défauts, les failles du mouvement, je ne pourrais m'en détacher car c'est dans celui que je me retrouve pleinement. C'est mon caractère, c'est mes principes, c'est ma personnalité. Après tout, les conséquences du mouvement ont certainement été moins fortes que celle engendrées par des vraies émeutes, de la violence, de la force et des tueries ; mais elles sont pourtant très présentes, implicitement et sur le long terme. Ils ont énormément apporté à la polémique écologique, ils ont réveillé le monde entier en dénonçant le réchauffement climatique. Et, malgré leur comportement pacifiste et indifférent, ils faisaient peur à la société, et à ces straights, ces bourgeois qui les méprisaient, car ils tournaient le dos à la société, ils la fuyaient - ils devenaient marginaux et on s'affolait de la propagande que ces personnes pouvaient propager. On avait peur d'eux. On les a refouler, on les a attaqué, on leur a répondu comme ils n'auraient jamais eu l'idée de répondre. Parce qu'on avaient peur d'eux. Parce qu'ils étaient une menace. D'ailleurs, la plupart des décès des pionniers musicaux des sixties ont dû faire sourire les anti-hippie et les critiques de la contre-culture. Ces morts étant arrivées toutes à des moments cruciaux du mouvement - comme si elles avaient été planifiée, complotée... pour déclarer que le mouvement hippie devait disparaître, qu'il devait s'effacer pour le bien de la société de consommation et de la bureaucratie. Comme si c'était le message implicite à la fin du mouvement - poussé par des interlocuteurs qu'ils avaient pourtant voulu fuir et non affronter...
-
-

# Posté le mardi 11 mars 2008 15:56

Modifié le mercredi 12 mars 2008 08:20