I don't know, I don't know why, papala...

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C'est désormais sûr. Je suis revenue sur ce blog pour vous faire chier. Mais aujourd'hui, j'ai l'impression de recommencer certaines choses à zéro. De me pencher d'un air sage devant mes expériences déjà vécues. On a assez usé de moi. J'ai adopté un sarcasme presque sans failles, j'ai quelques réserves dylanienne au fond du sac. Finis les grands panards qui veulent me piétiner. Je serais presque prête à démarrer un mouvement féministe tellement j'ai été souillée. Disons, que ça attendra.

Cet après-midi je pars à Dublin, petite escapade sur les terres sacrées. Quatre jours d'air différent. Je vais embarquer avec moi les Chroniques de Dylan, et puis probablement Bringing it All Back Home. Ma playlist recommence à être variée, elle ne se résume plus à Blonde on Blonde (putain, je l'ai usé celui-là). Steppenwolf, Mozart, Spirit, Jefferson Airplane, Pink Floyd, Richard Thompson, Gentle Giant. Je me replonge dans le chaudron fou des sixties. Et, ça fait du bien. Cela dit, je suis au sommet de la négligence. Sauf, que, pause de clopes ! Bah, qui recherche une fille aux cheveux gras, pas coiffés, sans soutiens-gorge, aux habits crades et puants, qui porte des grosses chaussettes et qui parle de drogues, quand ça lui prend ? Personne. Et je m'en porte trop bien. Une entracte pour moi, entre tragédies grecques, déclarations enflammées et pauvres orgueilleux sans poils.

Désormais, je toucherai à de l'homme. Finis les faux purificateurs de situations. Fantasmons sur Ian Anderson. Et noyons-nous dans le cidre. Ceci est un appel à la débauche.
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# Posté le lundi 20 octobre 2008 11:39

Modifié le jeudi 23 octobre 2008 05:52

At times I think there are no words, but these to tell what's true.

At times I think there are no words, but these to tell what's true.
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Le vent ne me caressait plus la joue. Il m'attaquait les pommettes comme des sangsues, il m'arrachait la peau, parce qu'il n'était plus comme avant. J'avais encore trop bu, trop fumé, je ne voyais même plus à quoi ressemblait mes pieds, et mes mains étaient devenues vieilles, ridées, décomposées. J'avais envie de crier - ce qu'un jour un vieux poivrot m'avait dit - qu'on était tous des résidus d'une génération perdue. Qu'on vivait dans un cercle vicieux composé d'absurdité, de ridicule, et d'absurdité encore. J'avais du mal à joindre mes deux mains, à les taper les unes contre les autres, elles ne produisaient aucun bruit. Le froid avait englouti mes ongles, ma gorge était sèche - comme celle qui n'a pas assez balbutié de mots, et qui au contraire, a rejeté trop de fumée, trop de borborygmes, trop de haine. Mes oreilles ne captaient plus aucun sons de vie, plus de rires, plus de cris, plus de chants. Que des voix graves, continues, marmonnant des incantations ou des sortes de psaumes. Je n'avais pas envie de me retrouver et de rassembler des pièces dans un confessionnal ou sur la chaise d'un homme brassant du fric pour écouter les problèmes des autres.

Les gens s'affolaient à l'entrée des bars pour se retrouver au chaud, discuter du dernier débat politique ou de la dernière loi - encore pas mise en vigueur. On parlait écologie, médecine, technologie, diététique, philosophie, esthétique, mode, guerre. On cachait bien les choses par la douce apparence, gauche caviar, caviar d'anar. Plus de temps pour s'évertuer, plus de temps pour poser les fondations. L'heure de marcher, marcher, tomber, se relever. Suivre le nord. N'importe quel chemin, tant qu'il menait vers un endroit qui en menait vers un autre. Les chauves-souris ne dormaient plus, elles allaient, battant, battant de l'aile, froissant votre c½ur par la noirceur de leur corps. Le cracheur de feu au coin de la rue me proposait de me réchauffer, il m'avait dit qu'il fallait que je parte le plus vite possible, que je me détache des dents acérées des messieurs comme tout le monde qui prétendaient être des personnes à connaître.
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J'écris, parce que je sais aujourd'hui, que les mots me font peur. J'écris parce que j'ai peur de parler, et que la conversation m'angoisse. Que je ne sais pas m'exprimer. J'écris, parce que les mots paraissent moins effrayants lorsqu'ils sont posés, et qu'ils ne sont pas envoyés en l'air, balancés, envoyés dans n'importe quelle direction. Je m'éloigne de tout, j'ai réellement peur des gens. Je ne sais pas quoi faire.

# Posté le lundi 13 octobre 2008 16:29

OH MY !

OH MY !
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La route paraît déserte
désormais tu ne te défonces plus
elle me tend les bras
la seule qui peut me satisfaire

On me dépouille un soir
sans prévenir, au dépourvu
tu n'es plus là à me proposer
de l'herbe et une nuit entière

On m'avait prévenu que la trouille
aller me faire trembler
et pourtant elle me vide
par l'auteur de la prévention

"Ne rêve pas trop", m'avait dit le charlatan
que j'avais croisé sur mon palier
tu es parti au milieu d'une chose
qui n'avait l'air de rien

Tu crois que le simple fait
de prétendre qu'on ne s'est jamais connu
pointera dans le mille
et effacera quelque chose qui n'a jamais été écrit

La route est vide de présence
je me sens pas si seule que ça
j'ai envie de fumer et de crier
qu'après tout, j'ai pas perdu mon temps

Mes pas deviennent lourds
l'asphalte fond sous mes pieds
quand je lève la tête
mes yeux vacillent

Tout s'embrouille et devient moche
seule le chemin reste net
au bout peut-être tu y seras à nouveau
sinon je me contenterai de ton ombre.
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# Posté le samedi 27 septembre 2008 17:26

Modifié le mercredi 01 octobre 2008 15:03

It ain't me babe, it ain't me you're looking for babe.

It ain't me babe, it ain't me you're looking for babe.
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Je m'étais effacée au coin de la rue, parce que je n'avais en tête que la notion de fuite. Ces regards, ces gestes, je ne pouvais plus les contrecarrer. J'avais possession d'un bouclier aérien, mais pour cette fois, il aurait dû être en acier pour me protéger la face. Les cris, les paroles un peu trop fortes, résonnaient en écho dans ma tête, j'avais l'impression de me perforer les côtes. Mes yeux divaguaient - je voyais le sol zigzaguer, une sphère transparente parcourir les murs. On m'avait dit quelques mois plus tôt d'avaler quelque chose qui permettait d'effacer le temps et de flotter dans l'espace. Cette fois-ci j'en voyais les résidus. Je ne voyais plus à travers les nuages, je n'apercevais plus les bouches devenir monstrueusement moqueuses. Je me retrouvais seule, la tête flottante, les joues engourdies par le froid et l'alcool. La rue était funèbre, les animateurs ne parlaient plus. Mes yeux faisaient des grands-huit, les pavés bougeaient de temps à autres. On me poursuivait, on m'avait prévenu qu'on me sucerait le sang. J'avais frôlé le danger, et il n'avait pas attendu avant de me prendre à la gorge. Toute cette histoire m'avait stoppé net. Je me retrouvais seule, à peine défoncée.
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# Posté le jeudi 18 septembre 2008 02:07

Modifié le dimanche 21 septembre 2008 05:52

And it burns, burns, burns...

And it burns, burns, burns...
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Je dis pas grand chose et ça me paraît déjà trop. On me balance des mots à la figure, et je ne sais pas les rattraper. Je ne sais pas accueillir. Je vais me contenter de répondre par oui, non, ou hocher la tête. Éviter les contacts. Attendre de pouvoir sortir les couteaux coincés dans ma gorge. J'ai côtoyé les limites - elles m'ont dit que j'allais trop loin. Je ne sais pas quoi faire. Les tournevis dans la tête, les voitures sur les épaules, les poinçons au cul, j'ai mal partout. Je voudrais un peu d'air, une grande route infinie. Pas besoin de se retourner, pas grave si la myopie persiste. Pas besoin de voir très loin. Des boots usées, comme les mains, celles qui tiennent un joint qui assèche la gorge. Des habits qui puent, décorés par des traits d'une bataille de stylo et de peinture ratée. Une casquette volée à un vieux poivrot. Indécise et insouciante, l'être encore malgré les sales conséquences. Vivre un soir, puis partir le lendemain. Ne pas laisser le temps aux sentiments de serrer à exploser les hanches. Les mots nous crucifient.




Mon corps entier n'est qu'une boule
de peur et d'angoisse
le temps avance à petit pas
et pourtant on dirait qu'il galope.

Des voix cuivrées s'élancent
elles disent " Sois sage
tu as fait quelque chose de mal
on arrête pas d'en parler ".

On peut dire que tu as gagné
à nouveau, même si le mensonge
peut avoir l'apparence d'un hymne
Tu sais, je m'en aussi parfois.
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# Posté le samedi 13 septembre 2008 11:24

Modifié le dimanche 14 septembre 2008 11:59