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.Le vent ne me caressait plus la joue. Il m'attaquait les pommettes comme des sangsues, il m'arrachait la peau, parce qu'il n'était plus comme avant. J'avais encore trop bu, trop fumé, je ne voyais même plus à quoi ressemblait mes pieds, et mes mains étaient devenues vieilles, ridées, décomposées. J'avais envie de crier - ce qu'un jour un vieux poivrot m'avait dit - qu'on était tous des résidus d'une génération perdue. Qu'on vivait dans un cercle vicieux composé d'absurdité, de ridicule, et d'absurdité encore. J'avais du mal à joindre mes deux mains, à les taper les unes contre les autres, elles ne produisaient aucun bruit. Le froid avait englouti mes ongles, ma gorge était sèche - comme celle qui n'a pas assez balbutié de mots, et qui au contraire, a rejeté trop de fumée, trop de borborygmes, trop de haine. Mes oreilles ne captaient plus aucun sons de vie, plus de rires, plus de cris, plus de chants. Que des voix graves, continues, marmonnant des incantations ou des sortes de psaumes. Je n'avais pas envie de me retrouver et de rassembler des pièces dans un confessionnal ou sur la chaise d'un homme brassant du fric pour écouter les problèmes des autres.
Les gens s'affolaient à l'entrée des bars pour se retrouver au chaud, discuter du dernier débat politique ou de la dernière loi - encore pas mise en vigueur. On parlait écologie, médecine, technologie, diététique, philosophie, esthétique, mode, guerre. On cachait bien les choses par la douce apparence, gauche caviar, caviar d'anar. Plus de temps pour s'évertuer, plus de temps pour poser les fondations. L'heure de marcher, marcher, tomber, se relever. Suivre le nord. N'importe quel chemin, tant qu'il menait vers un endroit qui en menait vers un autre. Les chauves-souris ne dormaient plus, elles allaient, battant, battant de l'aile, froissant votre c½ur par la noirceur de leur corps. Le cracheur de feu au coin de la rue me proposait de me réchauffer, il m'avait dit qu'il fallait que je parte le plus vite possible, que je me détache des dents acérées des messieurs comme tout le monde qui prétendaient être des personnes à connaître.
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.J'écris, parce que je sais aujourd'hui, que les mots me font peur. J'écris parce que j'ai peur de parler, et que la conversation m'angoisse. Que je ne sais pas m'exprimer. J'écris, parce que les mots paraissent moins effrayants lorsqu'ils sont posés, et qu'ils ne sont pas envoyés en l'air, balancés, envoyés dans n'importe quelle direction. Je m'éloigne de tout, j'ai réellement peur des gens. Je ne sais pas quoi faire.