.
.
Je m'en fous. Je m'en fous, je m'en fous je m'en fous.
Il y a trop de mauvaises ondes autour de moi pour que je désire quoi que ce soit. Des mauvais souvenirs qu'il faut fuir. Fuir en prenant son sac, et en marchant tout droit. Désormais je n'attends plus rien. Rien à perdre. Je ne vais pas à l'encontre du temps, c'est lui qui vient à moi. Une bonne bouteille de Gamay pour gerber toute la nuit, et un halo de fumée pour se croire voler dans un espace énorme, infini, plus grand que les chiottes du bistrot. La nuit pour jouer avec les mots.
My peace my peace is all I've got that I can
give to you My peace is all I ever had that's
all I ever knew I give my peace to green and black
and red and white and blue My peace my peace is
all I've got that I can give to you
Je m'excuserai même pas auprès de certains pour avoir dit le mot chiottes. J'aime les mots de John Fante parce qu'ils sont crus et qu'ils ne font aucune manière. Je ne suis pas quelqu'un d'éloquent. Et en plus, je ne veux pas l'être. Je veux pas ressembler à un universitaire en sciences politiques. Je lis Bienvenue au Club de Jonathan Coe, je pense à Mary qui m'en avait parlé la veille de Nouvel An à la Galerie. J'aimerais être un de ces gosses, dans l'Angleterre des Seventies, à savoir si Genesis ne vaut pas aussi bien que Roxy Music. A verser tout mon fric dans des vinyls et dans mon temps libre, lire les petites annonces de Sounds pour me trouver un gars. Je suis entourée de Burroughs, London et de Hesse, et je dois dire qu'en fait, il ne me manque pas grand chose. Il faut que je continue tout droit et que j'arrête de faire des pas en arrière. L'envie m'a pris l'autre jour de créer le Youth International Party de Genève. Je cherche des membres, pour qui ça intéresse de pas trop se prendre au sérieux pour une fois. "Trop politique, désolée, trop politique pour moi." Bouah. Je me fous pas mal des gens parfois.
.
.