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.Cette période me tue. Elle me consume petit à petit. Je baigne dans l'absurde et dans les journées identiques, qui se répètent sans fin, de la même manière gerbante, gluante et sèche, perdu dans un monde sans fantaisies. Je n'ai plus rien, si ce n'est la musique et les livres, pour voyager autre part, pour me faire croire encore que je ne suis pas si bête, et que les gens autour de moi on peut-être un peu besoin de moi. Même l'agression que me fait la clope roulée sur ma langue ne me plaît plus. Il fait trop froid, et les marches en solitaire, en fumant et en chantonnant, je ne les fait même plus. Les gens autours de moi ne m'aiment pas. Et je hais beaucoup trop de monde. J'en ai ras le bol de ces intellectuels aux regards faux, de ces mots puants qui sortent de leur bouche, de leur plainte infinie qui pèse trop lourd, de leur crayon qui s'agitent en croyant écrire le vrai. Aujourd'hui, ce n'est plus un problème de personnes. C'est un problème d'atmosphère.
J'ai réintégré ma petite piaule, toujours aussi décorée, avec des livres de John Fante ou de William Burroughs par-ci, des photos de Dylan par-là. Cette chambre paraît résumer une bonne partie de mon existence où tout était à la fois triste, et à la fois réjouissant. Je vivais dans un espoir impossible, mais dans un espoir probable. Je le crois toujours, mais je sais qu'il ne se réalisera pas ici. J'ai envie de retomber dans cette ambiance spirituelle, dans ce recueil envoûtant qui me permettait de vivre dans un monde complétement à part. C'est drôle, à ce jour, je ne fais plus confiance à personne. Mes relations se basent sur des échanges simples, rapides, presque froids. On ne pourra plus rien extorquer de moi. Je suis pacifiste, mais le jour de la révolution, je devrais sûrement tous les exterminer... Petit extrait de ma révolte féministe :
Merci la révolution sexuelle, en espérant que l'héritage n'est pas trop rare. Maintenant, faisons l'amour, faisons-le comme il se doit, et les autres conformistes, phallocrates, fils de l'héritage patriarcale des idées conçues, je vous emmerde tous, continuer à jouir de votre individualisme, vous n'atteindrez jamais le paroxysme de la libération à deux, de l'exil de deux corps dans le cosmos infini... Crever en silence avec votre bite. Ou coupez-la, ça ne changera rien.
C'est peut-être con à dire, mais la survie de ce blog, c'est un peu ma survie intérieure aussi. J'y ai écrit des choses que jamais je n'ai transmise à personne. Autour de moi, je ne sais plus vers qui me tourner. La seule personne a qui je pouvais parler me paraît inconnue aujourd'hui. Je suis un vieux loup solitaire. Je pense à la longue nuit que je passerai peut-être avec Agnès et Mary, a parcourir les rues de Genève avec nos clopes, à déblatérer sur nos histoires pourries, et à faire la tournée des bars pour fêter une nouvelle année de merde à parcourir. Mot de fin : Boys will be boys, when boys will be girls. Et puis fuck.
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