No, no, I can't believe, you're leeeeaaviiin meeee !

No, no, I can't believe, you're leeeeaaviiin meeee  !
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On prétend que le monde est plein de possibilités. Mais elles se réduisent à bien peu de chose dans la plupart des cas. Il y a beaucoup de bons poissons dans la mer... peut-être ; mais la grande masse semble n'être que sardines et harengs ; et si vous n'êtes pas vous-même sardine ou hareng, il est peu probable que vous trouviez beaucoup de bons poissons dans la mer.

D.H. Lawrence, L'amant de lady Chatterley.


Parfois, on rit à l'intérieur de soi, et on se dit, que certaines choses sont quand même bien trop bandantes pour être vraies. Je sais pas, comme le dos d'un homme, ou la voix de Hendrix, et puis aussi l'échange scénique entre Dereck Trucks, à la guitare, et sa femme, lui répondant, au chant, dégageant un truc sexuel, qui te fait passer pour un type qui plane, en train de bander, au douzième rang, à vouloir passer la nuit avec quelqu'un. C'est peut-être tout simplement le blues. La musique des plus grandes peines, de l'amour et du sexe. Peu de chansons de blues ne parlent que d'amour. C'est impossible sur des accords plaqués comme ceux-là. Et souvent, quand l'occasion se présente, quand on est prêt à se faire sauter par un autre, tout cela est inexistant, plus de note de blues, plus de voix qui réveille je ne sais quoi, qui réveille quelque chose d'instinctif, plus rien, tout paraît lointain, et on se fait sauter, et voilà, c'est fini, à bientôt (ou pas). Rien ne s'est passé, sauf quelques mouvements mécaniques qui n'ont fait rien de plus que de s'activer. Et Dereck Trucks, sa guitare et sa femme, ils n'étaient plus là, ils nous ont bien fait bander, et là, ils n'étaient plus là. Peut-être qu'on a bandé, parce que ça nous est tombé dessus, on ne l'a pas vu venir, c'était particulier. Quelque chose, sur l'instant, qui disparaît et qui ne revient jamais vraiment. Et lorsque l'on se fait sauter, on connait la chanson, et ce n'est sûrement pas une chanson de blues, ni une chanson de bon rock planant à la Led Zep, c'est sûrement une vieille chanson pop rouillée des années 90. Le sexe est trop vulgarisé.
And you give love a bad name.
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# Posté le lundi 22 juin 2009 06:27

Modifié le vendredi 10 juillet 2009 15:02

Have you ever seen the rain ?

Have you ever seen the rain ?
They are not your children. They have been reborn.
Gregory Corso


C'est écouter la voix fabuleuse de John Fogerty et se dire, qu'aujourd'hui, on n'a tout perdu. Wow. Quand on dit tout perdu, on dit vraiment tout perdu. Non, pas la perte matérielle, non, la perte sociale. On a vu des gens défiler, marcher ou courir devant nous, et ces gens-là, ils ont laissé une trace, une sorte de cicatrice, qui finit par se refermer, mais qui laisse toujours une marque, à jamais. Et ces gens-là sont partis, ils ont dit adieu à leur façon alors qu'on croyait qu'ils disaient ça pour rire, et ils ont disparu. Ils ont disparu, alors qu'ils sont toujours présents, devant nos gueules, mais seulement, ils ne sont pas là pour nous. C'est comme s'ils avaient disparu pour de bon. Ou même pire. Aujourd'hui on a tout perdu, on se retrouve seuls, mais seuls sous les moqueries, sous les saloperies, sous les choses ingrates qu'on peut dire de nous. Oai, on se retrouve seuls, et la seule pensée que l'on peut avoir, c'est : Qu'ils aillent se faire foutre. Je partirai, un jour, un matin, un soir, je partirai, et ces gens-là, je ne les verrai plus, et je me dirai plus tard qu'ils n'étaient que de passage, et que c'était du mauvais temps. Ces gens-là ils pourrissent les jours, ils pourrissent les heures, ils enferment le peu qu'il reste de rock'n'roll à consumer. Ces gens-là, ils nous disent qu'on est frigide, ils nous disent ça, et eux ils viennent de la ville, ils ont des chevilles parfaites et des fringues repassés, et, ils ne le savent pas, mais au fond d'eux, ils ne contiennent rien. Peut-être que nous non plus on ne contient rien, rien de très moral ou de légal, mais putain, au fond de nous, on a pas un peu de Led Zep, toute la souffrance de Robert Johnson, ou encore le punk avant l'heure des Pretty Things ? Et on tient peut-être une vérité. On contient quelque chose que peu d'autres personnes ont vu. Et ces personnes ils veulent les appeler des drogués, des illuminés, des tarés, et si on les appelait seulement des putains d'existences, qui refusent de se faire aliéner par une roue, une roue infinie qui va tous nous foutre en l'air. On est un peu des personnes qui voient des choses dans la rue, que les autres ne voient pas. Peut-être qu'on a tout perdu, mais on regagnera, parce qu'on renaît, on renaît à chaque expérience. Et c'est toujours la voix de Fogerty qui me fait planer, dans sa voix je vois toute l'Amérique, l'Amérique prochaine qui m'amènera de quoi vivre.

Vous me manquez bande de barges.
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# Posté le mercredi 10 juin 2009 11:30

Modifié le samedi 13 juin 2009 16:58

Baby, mellow my mind...

Baby, mellow my mind...
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Alors que certains se noient,
d'autres ouvrent le champagne
Autant s'allonger sous les flots
pendant qu'on avale des doses de Prozac.

Rien ne sert de lui demander
ce qu'il a vu
Il répondra par des "oui", "non"
des hochements de tête qui endorment.

Alors que la plupart ne comprennent rien,
d'autres déclarent qu'ils savent tout
Mais ce qu'ils ne savent pas,
c'est que tout est égal à rien.

Il a, on m'a dit, essayé de s'excuser
mais ses paroles sortaient sous
forme de brouillard
et sa langue paraissait coupée.

Désormais, c'est l'aveugle qui voit le mieux
Et le silence ressemble à un
chimpanzé triste
Les rues sont vides.

Ceux qui parlent le plus
se transforment en parcomètres
On leur enfile une pièce de temps à autres,
pour les satisfaire.

Ils ont fini par fondre et se sont retrouvés
dans des flacons de pommade
Les enfants, évitez de vous en tartiner le visage
Vous vous retrouverez avec des abcès jusqu'aux pieds

Il ne reste plus que la nuit à attendre
pour sentir des mains étrangères
me saisir
et transformer ce silence en une éternité
qui transporte des choses inconnues
de ceux, asservis
par la grande roue
et les mots
et les règles du jeu.

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# Posté le dimanche 17 mai 2009 15:29

Modifié le jeudi 21 mai 2009 13:44

Une fois que le bateau a coulé, tout le monde sait comment on aurait pu le sauver.

Une fois que le bateau a coulé, tout le monde sait comment on aurait pu le sauver.
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HOPE FOR HAPPINESS


Elle croit qu'elle est comme l'Albatros. Une sorte de paria, qui recherche dans les grands espaces un moyen de s'évader, d'exalter son esprit. Elle pense beaucoup aux rues de Londres ces temps-ci. Elle ne sait toujours pas si elle recherche le vacarme d'une ville sauvage, ou la paix d'une contrée sous-peuplées, de champs fertiles et de terres infinies. C'est comme si deux avenirs s'offraient à elle. L'un chaotique, où les livres se mélangeraient aux habits sales sur le parquet d'un petit appartement dans un quartier malfamé, où l'on fumerait en s'échangeant des vinyles, où l'on revivrait un peu dans le passé, surtout les femmes, parce que les femmes ça vit dans le passé. Toujours. Et l'autre indépendant, où seule la nature imposerait une loi, où les volets claqueraient le matin contre la fenêtre car dehors ils souffleraient, un air frais, un air qui prédirait de bonnes choses, une sorte de renouvellement. On aurait cessé d'exister, on vivrait, on vivrait comme il se doit de vivre, simplement, à l'écoute du vent et des bruissements de feuilles, en se disant que peut-être, si les récoltes et les ventes sont bonnes, on pourrait se rendre à Londres. Aujourd'hui, elle sent les heures disparaître les unes après les autres, et reprendre leur place à nouveau, en se disant que peut-être, bientôt, le building s'écroulera, et que le sang des finances coulera le long des trottoirs, et finira par s'évanouir dans les bouches d'égouts. On s'amusera sûrement à nouveau, comme lorsqu'il y avait la Prohibition, et que les américains faisaient couler l'alcool à flots en écoutant du Jazz. Oui - elle se dit - tout va bien finir par tomber. Et le bruit des volets claquant sur la fenêtre sera un son si doux, si avenant, qu'elle ne se souciera plus de rien, juste l'espace d'un instant.
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# Posté le dimanche 01 mars 2009 12:18

Modifié le jeudi 19 mars 2009 06:33

Tom Wolfe, tu me manques sur ma table de chevet, putain !

Tom Wolfe, tu me manques sur ma table de chevet, putain !
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<< Mais ce sont encore des mots, mon gars ! Et les mots ne suffisent pas, les Blouses Blanches aimaient à tout réduire à des mots tels que hallucination et phénomène de dissociation. Ils pouvaient parfaitement comprendre le côté visuel, les fusées visibles. Donnez-leur un bon cas, un cendrier qui se transforme en piège à mouches vénusien, ou des cathédrales de cristal dans un film intérieur, et ils s'en délectent - [...] Mais vous ne comprenez donc pas ? Ces trucs visuels ne constituent, avec le LSD, qu'un décor. De fait, vous pouvez fort bien passer par toute l'expérience sans une seule véritable hallucination - le tout était... dans l'expérience... Une certaine sensation, qui était indescriptible... Indescriptible parce que les mots ne peuvent que vous rafraîchir la mémoire, et on ne peut se souvenir de... l'expérience, de la barrière entre le subjectif et l'objectif, le personnel et l'impersonnel, le Moi et le Pas-Moi, qui disparaît. Cette impression là ! ... [...]
La création de l'Univers tout entier ! >>
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# Posté le mardi 10 février 2009 12:21